Rappel de nos conférences 2012
Publié le 18 Février 2013
Charles de Villette (1736-1793), débauché, révolutionnaire, franc-maçon, fut militaire, écrivain et homme politique. Il consacra des vers au château de Verneuil. Les pierres de ce château, érigé par Salomon de Brosse, servirent à construire le château de Plessis-Villette, à Pont-Sainte-Maxence, dont il hérita de son père.
"Restes de ce Palais, à l'Amour consacré,
Par un des plus grands Rois que la France révère,
Tout peint dans vos débris un Monarque adoré.
L'art vous relève ; embellissez ces lieux,
Eprouvez encore sa puissance…"
Ami de Voltaire, il épousa Reine Philiberte de Varicourt que le philosophe considérait comme sa fille et qu'il surnommait Belle et Bonne…
Mais c'est de l'homme politique, homme du siècle des Lumières, dont a été question lors de la conférence. Au moment de la révolution, Charles de Villette, favorable aux idées nouvelles, rédigea les cahiers du Bailliage de Senlis, écrivit dans la "Chronique de Paris", brûla ses titres de noblesse et proposa que Louis XVI soit destitué de ses pouvoirs, mais refusa de voter sa condamnation à mort...
Les Amis du Vieux Verneuil ont présenté une conférence-lecture sur celui qui, à Ermenonville, tout imprégné de la Nouvelle Héloïse, marcha sur les pas de Rousseau : Gérard de Nerval, à qui Henri Strentz, grand poète, romancier, homme de théâtre et historien de la littérature aujourd'hui oublié , consacra une magnifique biographie. Mais au fond qui est qui ? Ce sera pour nous tous l'occasion d'un voyage poétique et sensible dans le temps et dans l'espace de ce Valois que nous aimons tant.
Conférence de Roger Puff.
Textes dits par Mathilde Chevrier et Christine Pineau.
A Verneuil-en-Halatte, au lieu-dit Les Tronces, une grande villa gallo-romaine a été fouillée dès les années 1980. Une partie des thermes a été mise au jour : un bâtiment de 12m x 8m environ divisé en 2 pièces de part et d'autre d'un "couloir". L'une comportait un sol dallé associé à une baignoire et à un bassin de vidange extérieur, l'autre possédait toujours son système de chauffage dit hypocauste. Une partie des enduits peints muraux y ont été retrouvés effondrés : des motifs floraux sur fond blanc, des guirlandes festonnées, des cercles ou des losanges…
Les Amis du Vieux Verneuil ont travaillé depuis à un essai d'assemblage de ces enduits peints. La commune de Verneuil leur a fourni un local à cet effet. Guidés par les conseils du Centre d'Etudes des Peintures Murales Romaines de Soissons, ils ont nettoyé et étudié quelque cent cinquante caisses de ces "gravats incompréhensibles et décourageants", comme le disait Alix Barbet dans son ouvrage "Peintures murales romaines". Ceci a permis la reconstitution de quelques motifs.
Depuis la commune de Verneuil en a demandé une expertise au CEPMR, laboratoire de recherche archéologique spécialisé dans le traitement des peintures murales et des stucs de l'époque romaine dont les activités sont réparties en deux sections : l'étude archéologique et la restauration.
Conférence présentée par Sabine Groetembril, archéologue et directrice du CEPMR de Soissons
Le nom de Salomon de Brosse est généralement associé à son œuvre maîtresse, le palais du Luxembourg où siège le Sénat.
Sait-on qu'il est né à Verneuil-en-Halatte et qu'il a participé à la construction de son château dont il ne reste que quelques vestiges ?
Avec lui d'autres architectes célèbres à l'époque : les Du Cerceau, de Brosse, Métivier, du Ry, Delafond,... ont travaillé à Verneuil et sur d'autres grands chantiers.
D'étroits liens familiaux, religieux et professionnels unissaient tous ces grands architectes...
Les Amis du Vieux Verneuil ont organisé en 2012 un colloque sur le thème de leur exposition : Verneuil autour de Salomon de Brosse une famille d'architectes.
Avec la participation de :
Claude Mignot, professeur d'histoire de l'art et de l'architecture moderne, Paris Sorbonne
Catherine Titeux, docteur en histoire de l'art, architecte DPLG
Michelle Magdelaine, chercheur à l'Institut d'histoire moderne et contemporaine
Damien Déchelette, architecte en chef, Direction de l'Architecture des Bâtiments et des Jardins du Sénat.
Dans une notice archéologique du département de l'Oise datant de 1839, on peut lire :
"Dans l'arrondissement de Senlis, on doit remarquer le chœur de Creil, qui est du style tertiaire, et le clocher de la dernière période ; le clocher de Boran ; le chœur de Neuilly-en-Thelle ; le portail de Verberie ; l'église de Verneuil ; la nef et la pyramide de Saint-Pierre à Senlis."
Dans le même ouvrage un tableau indique toutes les parties d'architecture romane dont les auteurs ont pu constater l'existence. A Verneuil sont mentionnées "deux arcades du chœur".
Ainsi l'église de Verneuil née au Moyen Age a connu de multiples transformations jusqu'au XVIe siècle. Le plus ancien document que nous possédons date de 1104 : c'est une donation du prieuré Sainte -Geneviève et de son église à l'abbaye de Molesmes.
Chaque jour, l'église Sainte-Geneviève et Saint-Honoré de Verneuil s'offre aux yeux des Vernoliens. Mais savent-ils encore la voir ? S'étonnent-ils et s'émerveillent-ils encore devant toutes les beautés qu'elle présente à leurs regards et à leurs âmes si généreusement depuis des siècles ?
Cette église, témoin de leur passé, qui a connu tant de joies, de fastes et de misères, qui a vu leurs ancêtres prier, rire et pleurer… et vivre et mourir… Robert Poitou propose de la redécouvrir. Il l'a connue depuis son plus jeune âge, il en a parcouru les travées, les chapelles, la tour et le clocher, les greniers, les soupentes… Il en connaît les vitraux, les tableaux, les châsses et les dalles funéraires… Il en a étudié l'architecture et les transformations. Suivons-le pour la visite à laquelle il nous invite jusqu'aux recoins les plus secrets et, avec lui, levons les yeux pour voir tous les petits trésors cachés : les blasons, les vestiges d'une poutre de gloire, une litre seigneuriale…, déchiffrons les vitraux…
Enfin posons-nous encore quelques questions sur les mystères que garde depuis si longtemps cette dame de pierre.